 |

Il est au monde des endroits magiques, emplis de mystères, propices au voyage des grandes imaginations, des endroits où celui qui y pénètre est transporté dans l’inconnu. Le bar à champagne, comme jadis le royaume de Shéhérazade, l’Atlantide perdue ou les sept cités d’Or, est de ces lieux où, lorsque le hasard fait qu’elle y bascule, l’âme humaine n’en réchappe que métamorphosée – J’imite bien Balzac, non ?
Bon d’accord, je recommence.
Un bar à champagne, c’est quoi ?
Un endroit où des messieurs pas tout à fait clients à putes (je veux dire des messieurs qui, ce soir-là du moins, n’auraient pas, consciemment, délibérément, de façon explicite et (plus ou moins) assumée, entamé la démarche d’entrer en contact avec une professionnelle afin de lui proposer une rétribution en échange d’un service sexuel) viennent rencontrer des demoiselles pas tout à fait putes (j’entends qui ne sont pas prêtes à coucher avec à peu près n’importe qui pour de l’argent) sous l’œil bienveillant d’un patron pas tout à fait mac (c’est-à-dire quelqu’un qui vivrait comme une injustice le fait de se retrouver en zonzon du jour au lendemain à se faire défoncer le cul par un noir de 110 kilos (ou un blanc d’ailleurs, ce n’est évidemment pas une question de couleur (juste, statistiquement, avec un noir c’est plus douloureux)) avec pour ambition de passer un moment qui ne soit ni tout à fait une rencontre platonique ni tout à fait explicitement une passe.
Ça donne envie, non ? Et puis, c’est un bon début pour un polar. Tenez ! On va parfaire le tableau, manque plus qu’un cadavre, et puis aussi un flic, un flic de polar donc, un bien usé mais – parce qu’après avoir osé Balzac en incipit, j’aurais mauvaise grâce à craindre jusqu’aux clichés du genre – pas encore tout à fait fini.
Le flic, c’est moi, Alban Lespalettes (merci de prononcer le s sur la première syllabe), 40 ans passés, l’âge où on s’est tant de fois pris dans la gueule que, au risque de mal vieillir dans le rôle de l’éternel adolescent, nos rêves, nos ambitions, nos exaltations de jeunesse, il était grand temps de les ranger dans une boîte à souvenirs cachée sous une pile de mouchoirs au fond d’un placard fermé à clef et dont il serait naturellement préférable de perdre la clef – à en croire la plupart, c’est cela devenir adulte –, qu’on commence avec le temps à moins en souffrir : appelons ça l’habitude.
Le cadavre ? C’est Alice – Voyez ! Nous y revenons, au royaume de Shéhérazade, à l’Atlantide perdue, aux antiques cités d’or : au pays des merveilles… –, une jolie pute de 22 ans, remarquablement jolie même, enfin, c’est en ces termes du moins que la décrivent tous ceux qui l’ont connue avant, jusqu’à il y a quelques heures, parce que là, c’est sûr que par terre, chez elle, avec le crâne fracassé et un bout de cervelle qui baigne dans son sang, à moins d’être méchamment nécrophile, ça ne donne que modérément envie de lui jouer l’équipe de France de foot sur Zahia D.
En cours d'écriture. À suivre...
(Pour vous faire patienter, une
présentation du projet en vidéo sur "Enquête&Débat" ainsi qu'une interview papier dans "le Courrier économie" se trouvent respectivement ici et là.)
(Le "Work in progress" est développé longuement dans les Bulles 45 (août 2010), 46 (janvier 2011) et 47 (novembre 2011) de l'Encyclique aux fidèles du Grand Mythe Vaquettien.)
|
 |